Roses d'anniversaire et purge estonienne
Publié le 24 Mars 2011
La maison est encore fleurie de la fête d'anniversaire de jicé ce week-end. Et avec la belle lumière de fin de journée, c'est
un vrai plaisir. La journée fut merveilleusement ensoleillée. Les enfants avaient le rire facile à l'école, un autre bonheur. Une journée plus légère que l'une de mes dernières
lectures.
• Purge, Sofi Oksanen, Stock, 2010. Traduit du finnois.
Estonie, pendant l'occupation russe, et après l'indépendance, après la chute de l'URSS.
Estonie 1951/1952, Estonie 1991/1992.
Aliide.
Zara.
Aliide, vieille de deux générations de plus.
Zara la jeune qui avait soif de l'Ouest, mais s'est retrouvée piégée dans un réseau de prostitution.
Aliide, marquée par son passé sous la chappe soviétique, une vieille femme qui se méfie de l'autre, des autres.
Zara arrive, dépenaillée, fuyante, secouée, dans le jardin d'Aliide.
Aliide est aigre, aigrie et torturée par le passé.
Zara a une vieille photo avec elle.
Aliide a une planque dans la maison.
Zara doit se cacher.
Le récit se construit sur des paralèlles.
1951-1952 // 1991-1992.
Zara // Aliide.
Les russes // le proxénète.
La grand-mère // la soeur.
La peur // la peur.
La construction est efficace. Le récit est parfois un peu alambiqué, notamment pour la période où les russes s'installent en
Estonie.
Mais ce récit a le mérite de se confronter à deux réalités historiques dures, parfois très violentes. L'arrivée des staliniens en Estonie est une blessure pour ce peuple, une blessure qui a laissé des traces. La prostitution des filles de l'est ne peut pas non plus être négligée avec la chute du bloc communiste. L'auteur dit ces réalités, et les lire n'est pas toujours facile. Les mots ne sont pas violents en soi, mais les réalités oui : le viol, l'occupation, le stalinisme, la terreur, l'avilissement, la fuite, le secret familial, la jalousie. Tout cela se mêle et ne nous laisse pas de marbre à la lecture. Les situations ne sont pas carricaturales. On peut même aisément considérer que l'histoire familiale de l'auteur l'a menée vers ce sujet (sa mère est estonienne). Une purge, sur fond de purge politique.
La prochaine lecture est un peu plus légère…