Avec Jeanne B.

Publié le 10 Avril 2013

P1010858• Profanes, Jeanne Benammeur, Actes Sud, 2013

Octave Lassalle, ancien chirurgien, a perdu sa fille, puis sa femme l'a quitté, et il a depuis de nombreuses années cessé son activité professionnelle. Il vit dans la grande demeure familiale, au milieu de sa blessure. Pour poursuivre la vie ou la finir, il compose autour de lui une équipe "chirurgicale". Le jardin, la maison, le thé ou le café, les petites habitudes, ou un portrait à réaliser. Les quatre membres de l'équipe ont chacun une mission pour accompagner sa fin de vie. Ces personnes ne sont pas censées se croiser dans la demeure, ni avoir de liens partituculiers entre elles. Mais la vie reprend le dessus, l'ambiance immortalisée de la maison disparaît au profit du hasard quotidien. La vie et les mots donnent de l'humanité aux pièces vides, au jardin paralysé, à la cabane figée. Les certitudes d'Octave s'effilochent pour laisser la vie interrompre le chemin vers la mort. Un paradoxe poétiquement mené par jeanne Benameur...

P1010862• Les insurrections singulières, Jeanne Benameur, Actes Sud, 2011

Lorsque Bruno a vu que je lisais Profanes, il ma conseillé Les insurrections singulières. Un petit tour à la librairie et Jeanne Benameur est de nouveau avec moi au lit. Ce texte fait suite à un travail qu'elle a mené dans notre région avec La Forge, notamment avec des cafés de paroles à Guise et à Montataire.

Les ouvriers n'ont pas souvent la parole, et lorsqu'ils la prennent c'est malheureusement quand le quotidien est déchirant. 

Ici Antoine travaille dans la sidérurgie. Les projets de délocalisation amènent les patrons à restructurer l'usine. L'humain est méprisé, l'ouvrier n'est pas respecté. Antoine cesse son activité salariée, retourne chez ses parents et retrouve Marcel le bouquiniste. Avec lui, il partira au Brésil à Monlevade, là où l'usine de Guise est délocalisée. Il va découvrir un lieu créé par un colon français qui a introduit là-bas la sidérurgie. La sensibilité d'Antoine est vive. En réalité, ce n'est pas le monde ouvrier brésilien qu'il va regarder, mais lui-même. Antoine va trouver une énergie pour aller vers la plume, une énergie pour s'exprimer. Il y a dans les récits de Jeanne benameur un élan de naïveté et de générosité qui ne laisse pas de marbre. Antoine offre sa révolution intérieure, sa métamorphose, sans vraiment se soucier de l'avenir. L'écriture devient pour lui un espace nouveau à construire.

Rédigé par nata

Publié dans #les petites lignes

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blabla, etc 19/04/2013 18:05

je l'avais écouté à la grande librairie et elle m'avait touchée par ses mots !

Moka 15/04/2013 10:17

Jeanne, cette femme à la plume d'or !

Aïcha 12/04/2013 09:42

Le dernier Benameur est à la maison, il ne résistera pas aux vacances :)

zimbo 12/04/2013 09:31

j'avais adoré les insurrections singulières !

Aline 10/04/2013 21:32

Je note les titres