Amandla !

Publié le 15 Janvier 2012

100 2577• La couleur des sentiments, Kathryn Stockett, Sept. 2010

Aibileen vit dans le Mississipi, à Jackson, en 1962. Elle est nurse, s'occupe des enfants, mais des enfants blancs. Son objectif : faire grandir ses petits bouts d'homme, dans le respect d'autrui et de soi-même, avec un coeur ouvert et des yeux curieux. Elle s'épuise au travail et affronte son mari alcoolique et ses propres enfants au retour au bercail. Une vie partagée entre le travail, l'amour pour les autres, l'église et le mépris des blancs. Une vie d'opprimée, dans une société qui se vante de modernisme... Les blanches boivent le thé et critiquent leur nurse...

Les aventures quotidiennes conduisent Aibileen à être licenciée puis embauchée chez une femme isolée, pin-up à ses heures, alccoliques et en mal de vivre.

Survient alors une jeune blanche, Skeeter Phelan, fraîchement diplomée en journalisme, dont la conscience a été éveillée par le geste de Rosa Parks : cette femme a refusé de céder sa place à un blanc, a été arrêtée puis condamnée à payer une amende, juste par le fait de sa couleur de peau. Puis c'est " I have a dream..." de martin Luther King. Skeeter Phelan, se lance alors dans un projet secret : donner la parole aux "bonnes" noires de la ville. Elle trouve des complices, porte son projet : le livre est publié. Le scandale est dans la ville.

 

Laura m'a prêté ce roman avant les fêtes. Je l'ai lu en n'oubliant à aucun moment que c'était il y a 50 ans... 50 ans... c'est si peu... On oublie souvent que le racisme et la ségrégation ont été le fait du XXème siècle. J'ai lu La couleur des sentiments en pensant à mes premières luttes politiques : l'antiracisme et la lutte contre l'apartheid. Nelson Mandela n'a été libéré qu'en 1990 et l'apartheid réellement aboli en Afrique du sud qu'en 1991 ! Dans les années 84/85, au temps du collège, avec les copains, on a activement mené la campagne de boycott contre l'essence Total. L'objectif était de sensibilser les européens à la situation des noirs sud africains en appelant à boycotter des produits de consommation courante. Un geste de solidarité à l'autre bout du continent. Je me souviens, en 1988, d'un congrés national de SOS racisme où nous avons interrompu tristement nos travaux : Dulcie September avait été assassinée en France, à Paris, devant l'immeuble où se trouvait le bureau de l'ANC*. Dulcie September était une militante sud africaine qui avait dû, après incarcération et poursuites) dû fuir son pays pour mener la lutte de l'extérieur. Nous sommes allés de Marne La Vallée à paris manifester notre colère, en France le pouvoir n'avait pas su protéger la militante qui avait pourtant reçu des menaces de mort. Je me souviens d'avoir crié "Amandla" dans les rues, parce que le combat du peuple noir était aussi celui du peuple blanc. "Amandla" c'est le cri zoulou utilisé par les opposants, à l'apartheid. Je me souviens avoir chanté Peter Gabriel, ou Johnny Clegg les larmes au yeux et la gorge nouée jusqu'à ce que le mot apartheid ne soit plus le système politique officiel. Je n'oublie pas, et ce combat pour l'égalité est encore un combat quotidien, même si les formes (et heureusement) sont aujourd'hui différentes.

 

ANC * : African national Congress, en rapide, le parti de Nelson mandela

Rédigé par nata

Publié dans #les petites lignes

Repost 0
Commenter cet article

maud 06/02/2012 16:09

il ya quelques jours je suis tombée sur ça http://www.youtube.com/watch?v=HMYcwpD-G2U&feature=youtu.be j'ai repensé à mes luttes passée... et pour moi pas grands choses à changer... je me
rappelle des réunions du collectif de soutien pour Mumia, des marches antifa ... alors même si Mumia est passé à de la prison à vie les couloir de la mort existe toujours, et à Bordeau ouvre une
antenne local du bloc identitaire... et je m'en veux de ne plus être sur le terrain !

peggy 18/01/2012 21:06

Tu as une bien belle façon de parler de ce livre et de tes luttes. En te lisant je me souviens que ma prof de français de 4ème nous avait projeté un film sur l'apartheid (''une saison blanche et
sèche'')qui m'avait vraiment marquée .

Aïcha 18/01/2012 20:47

Ce que j'aime dans la littérature c'est la rencontre, dans la lecture c'est le partage, dans l'échange c'est la vérité de ce que nous sommes. Alors quand en plus tout cela est au service
d'Engagements...Merci pour ce beau billet!

maja 18/01/2012 20:05

moi aussi, faut que je le lise. et connais-tu "ne tirez pas sur l'oiseau moqueur"?

Gwen 18/01/2012 18:55

Moi aussi.

charlotteb 17/01/2012 18:08

faut que je le lise celui-là

agneslamexicaine 17/01/2012 17:21

ah j'ai très envie de lire ce bouquin, je viens de voir le film qui m'a remuée. Ici, tout cela -les gens qui servent, vivent dans des conditions très précaires, s'occupent des autres sans qu'on
s'occupe d'eux, population invisible qui n a jamais voix au chapitre- est encore très présent et j'ai très envie de faire un travail sur le sujet. Je ressens la même chose sur l'engagement, même si
la frustration est toujours immense car l'État, c'est aussi la bureaucratie, rarement humaine... ah si on avait une théière magique qui nous rapprocherait le temps d'une tasse, on pourrait discuter
des heures et de plein de choses! Bon anniv Nata!

sophie 16/01/2012 22:13

Une très belle lecture qui bouscule...

zimbo 16/01/2012 13:17

j'ai lu, et beaucoup aimé !
j'ai vu le film il y a peu, et pour une fois, il est très bien aussi !
ah un après-midi lecture avec toi serait sympa :D

Céline 16/01/2012 01:47

Je l ai lu en arrivant ici, j ai beaucoup aimé.et justement demain est un jour férié en mémoire de M Luther King. Comme quoi tout peut vite changer... Bonne annee !

Lisa 15/01/2012 22:50

Toujours pas lu, pourtant il est ici ...

audrey 15/01/2012 22:14

J'ai beaucoup aimé aussi ..J'étudie "Leon " en ce moment avec les élèves pour qu'ils savent ...