Les bulles de la fin d'automne

Publié le 29 Décembre 2013

Les bulles de la fin d'automne

Ce matin, je me suis réveillée tôt très tôt, bien avant le soleil. Bien évidemment j'ai pensé à Colette Coquillette qui est autour de moi, la plus matinale, je crois. J'ai lu un peu, ai tourné mes pensées dans tous les sens, ai écouté les sonorités du monde extérieur. mais c'est une heure à laquelle le monde est bien silencieux. J'ai eu envie de voyage, d'inconnu, de pas très loin, et j'ai alors pensé à Dublin. Je crois que j'aimerais bien Dublin. Et cet automne il y avait eu, chez Chloé et Colin, une BD qui flirtait entre la ville et l'amour.

Supplément d'âme, Alain Kokor, Futuropolis, Juin 2012

La déambulation quotidienne et rituelle d'un héros dont on ne connait pas le visage. Des personnages presque effacés que l'on croise sur le chemin qui mène aux quais. Dublin mystérieuse, et qui offre de la douceur.

Les bulles de la fin d'automne

Dans la nuit la liberté nous écoute, Maximilien Le Roy Le Lombard 2011

1946 Un jeune ouvrier français s'engage dans l'armée, plus par désarroi que par conviction militaire. Il est envoyé en Indochine combattre l'armée du Viêt-Minh. Mais c'est le désastre du colonialisme qui lui saute aux yeux. Peu à peu, il quitte l'armée française au service du peuple Viet Namien pour l'indépendance de leur pays, et part alors auprès des Viet-Minh. Il ne combat pas, mais aide comme stratège ou en tant qu'animateur d'une radio locale. A la fin de la Guerre, il demeure au Viet Nam et y construit la première partie de sa vie. Il a déserté et ne peut regagner le territoire français. En 1965, il est amnistié et rejoint alors la métropole. Mais il laisse une partie de sa vie en Asie.

Ce récit est celui de l'engagement politique de coeur et de raison.

Maximilien Le Roy explique la génèse de cette BD par la lecture du récit de vie d'Albert Clavier, volontaire en Indochine.

Son dessin est porteur de vitalité. Difficile d'échapper au récit, on se laisse charmer sans souci par ce combat pour la justice, l'égalité et l'indépendance. C'est un très beau livre à mes yeux, pour les ados et les adultes.

Les bulles de la fin d'automne

Frères d'ombre, dessin Sébastien Vassant, récit Jérôme Piot, Futuropolis Janvier 2013

Alain est contrôleur de train à la SNCF, un contrôleur anodin à la vie paisible. Il vit chez sa mère dans un quotidien plutôt routinier. Un jour, il permet à Kamel d'échapper à un contrôle d'identité et dans le même élan il lui offre l'asile. Kamel est migrant, il vient de quitter l'Algérie et veut retrouver son frère saisonnier dans le sud de la France. Alain le fait passer, auprès de ses proches, pour un collègue en convalescence. Seulement, un soir les RG débarquent chez Alain, dans une prétendue traque aux terroristes. Là le tourbillon policier s'enclenche : Kamel devient le gibier des forces assoifées.

C'est aussi un récit sur l'engagement, le petit engagement qui peut être celui de chacun de nous, celui qui demande peu au jour le jour mais qui veut se faire "rupture" face à l'injustice, la violence ou l'incompréhension.

Les bulles de la fin d'automne

Bello Ciao, G8 Gênes 2001, FrancescoBarilli/Manuel De Carli, Février 2013 Editions les enfants rouges

Lors du rassemblement du G8 à Gênes, un manifestant est tué. Le récit est confus, les conditions sont obscures. Une balle ? un coup ? Des lacrymogènes, la peur, la fuite. La reconstitution est hâtive et donne tort au jeune homme sans que les faits ne soient éclaircis.

Cette BD relate l'enquête qui montre l'innocence du mort, une enquête qui rappelle combien la justice ne cherche pas toujours la réalité des faits. C'est la mort d'un jeune homme qui n'était pas vraiment un militant, un jeune homme qui descend dans la rue pour une cause qui lui semble juste et trouve la mort parce que l'armée utilise la force de répression là où les politiques refusent le dialogue. C'est la mort de celui qui aurait pu être l'un d'entre nous. Une manif pacifiste et classique qui dégénère à cause des forces de l'ordre. Un récit qui rappelle combien nos combats peuvent basculer parce qu'en face la violence est parfois la seule réponse qu'on nous donne.

Merci les copains drômois pour ces belles lectures ! y'a encore quelques romans lus à chroniquer...

Rédigé par nata

Publié dans #les petites lignes

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club 22/08/2014 10:34

Dublin est une ville formidable et vraiment chaleureuse, j'avais appris là bas un proverbe que j'ai toujours en tête "Mieux vaut une bonne querelle que la solitude" :-)

rachel 30/12/2013 13:26

et bin des BDs tres politiques.....mais objectifs?....en tout cas sacres sujets....